Un conflit ouvert entre la Russie et l'OTAN est-il possible ? - LE MONIQUET TIME AVEC CLAUDE MONIQUET SUR SIS RADIO

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Oui, une guerre entre la Russie et l’OTAN est possible

Une des craintes soulevées par la guerre déclenchée en Ukraine par Moscou est, en effet, de la voir déborder des frontières ukrainiennes et embraser l’Europe centrale. C’est d’ailleurs cette possibilité qui dès le début a amené les responsables occidentaux à répéter sur tous les tons qu’aucun soldat de l’OTAN ne serait déployé en Ukraine ou encore qui empêche l’Alliance atlantique d’accéder à la demande du président Volodymyr Zelensky de décréter une « zone d’exclusion » dans le ciel ukrainien. Cette guerre directe, l’OTAN, à raison, n’en veut pas. Est-elle pour autant impensable ? Non, mais si elle se déclenche ce sera soit par la décision de la Russie soit suite à un enchainement de circonstances sur le terrain.

Mais cette guerre ne serait pas obligatoirement nucléaire! En fait, un affrontement conventionnel (et donc sans emploi des armes nucléaires) entre la Russie et l’OTAN, limité à la fois dans l’espace et dans le temps est tout à fait envisageable. Il y a un précédent, la guerre de Corée – qui vit s’affronter directement des armées occidentales d’un côté, chinoises et russes de l’autre et qui ne dégénéra pourtant pas en guerre nucléaire. Depuis les conditions ont radicalement changé et tout un chacun est conscient qu’un conflit nucléaire serait catastrophique.

Les armes nucléaires modernes sont essentiellement des armes anti-cités et leur emploi viserait à « décapiter » l’ennemi en détruisant ses centres de commandement et ses principaux sites économiques et industriels tout en lui infligeant des pertes humaines massives. Destructions et pertes seraient de ce niveau « inacceptable » sur lequel repose l’idée même de dissuasion. L’arme nucléaire est donc bien une arme « de non-emploi » : le feu nucléaire est conçu pour ne jamais être utilisé.

Plusieurs scénarios sont possibles. Le scénario « accidentel » d’abord, avec une guerre qui s’éternise et s’enlise et des missiles russes qui frappent accidentellement la Pologne, entrainant une riposte de l’OTAN.

Le scénario des « frappes punitives », ensuite, qui verrait la Russie mener une série de frappes « punitives » ou « d’avertissement » sur la Pologne de manière à faire cesser les livraisons d’armes à l’Ukraine. Le Scénario de la « rupture stratégique », ensuite qui est, heureusement, le moins probable : la guerre continue sans aucune perspective de victoire pour le Kremlin et la Russie est laminée par les sanctions. Vladimir Poutine décide alors de jouer son va-tout et attaque délibérément la Pologne (et éventuellement la Roumanie, la Hongrie et la Slovaquie de manière à créer un nouveau statu quo en Europe centrale et la création d’une « zone tampon » démilitarisée qui lui permette de se « protéger ».

Dans ces trois cas, le conflit en cours changerait évidemment totalement de nature et l’on serait bel bien dans un contexte de « troisième guerre mondiale », mais toujours non nucléaire.
Se poserait alors la question de l’ampleur de la riposte occidentale : il faudrait tout à la dois qu’elle soit assez massive et assez forte pour faire reculer la Russie et imposer des négociations qui assurerait la sécurité régionale pour les décennies à venir, mais sans que Moscou se sente menacé dans son existence, ce qui pourrait entraîner le recours à l’arme nucléaire.  


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